mercredi 22 mai 2013

Brève

Monsieur le Maire de Clisson nous a adressé le 17 mai une "mise en demeure" suite à la publication sur notre blog d'une fausse lettre.

Dans ce courrier, il nous demande le retrait de cette fausse lettre et la publication d'un droit de réponse. Nous lui avons répondu hier et attendons sa réaction sous huitaine en ayant d'ores et déjà remplacé sur cette fausse lettre le terme "socialiste" par "divers gauche" et ayant ajouté un addendum à cette fausse lettre.

vendredi 17 mai 2013

Ou il n'est pas question de musique ou du Hellfest ( quoi que) mais de satanisme, d'ésotérisme et d'occultisme

Avant de nous intéresser plus spécifiquement aux influences de l’occultisme, de l’ésotérisme et du satanisme sur certains artistes de musique rock et metal, il nous apparaît important de relater quelques éléments d’histoire du satanisme, et plus exactement, du satanisme moderne. Ils sont en effet nécessaires pour comprendre certaines thématiques et certains codes qu’on peut retrouver dans cet univers musical.


I – Eléments historique du satanisme moderne

Comme certains auront pu le remarquer, nous avons accolé le terme « moderne » au terme « satanisme ». Pourquoi ?

L’explication n’est pas des plus simples, et dans le fil de ce billet, nous aurons l’occasion de nous en apercevoir. Disons que jusqu’au début du XXème siècle, on affublait du mot « satanique », toute personne rendant un culte à un être spirituel, nommé « Satan », connu pour s’être opposé au dessein de Dieu dans la Bible, en refusant de l’adorer et de le servir (« Non Serviam »). Il s’agirait d’un culte d’opposition à la religion, ou au lieu d’adorer Dieu, on adore Satan. Le mot « satanisme » pris dans ce sens doit être analysé comme une religion.

C’est avec Anton Szandor LaVey (nous aurons l’occasion d’en reparler) que le satanisme va quelque peu changer de visage, puisque plutôt que de se définir comme une religion, il va devenir une philosophie de vie, ou Satan devient un mythe sans existence réelle, reprenant quelque peu une vieille conception gnostique de l’âme amplement développée par Alice A Bailey, la fondatrice du mouvement « New Age » dans « l’Encyclopédie de l’Ame ».  C’est à partir de là qu’on va parler de « satanisme moderne », lequel doit plus s’entendre comme une philosophie de vie que comme une religion.

Deux grandes figures représentent le satanisme moderne : Aleister Crowley et Anton Szandor LaVey


A – Aleister Crowley ou la Bête 666

Aleister Crowley, de son vrai nom Edward Alexander Crowley est né à Leamington le 12 octobre 1875. Il est considéré comme le père du satanisme moderne. De son vivant, il se surnommait « la Bête 666 », par référence à l’Apocalypse de Saint Jean et en souvenir de sa mère qui le comparaissait à la Bête de l’Apocalypse. Issu d’une famille protestante, il est très tôt attiré par les sciences occultes et la magie. Alpiniste, il rencontre Julian C. Baker, autre alpiniste, durant l’une de ses ascensions, qui est lui aussi adepte des sciences occultes. C’est lui qui le présentera le 18 novembre 1898 à Mac Gregor Mathers, et est initié aux secrets de « The Order of the Golden Dawn of the Outer » (l'Ordre hermétique de l’Aube dorée), plus communément appelée « The Golden Dawn », une société d'occultisme étudiant la plus haute magie pratique et cultivant le culte du secret. Il y prendra le nom de Perdurabo (qui peut se traduire par « je perdurerai »).

Au sein de cette société, Aleister Crowley applique les instructions de son Maître, l’Imperator de la Golden Dawn, S.L. Mathers et pratique des rites magiques ou l’initié doit s'aménager un espace secret où personne ne pourra le voir ni le déranger. C’est dans ce contexte qu’Aleister Crowley acquiert le Manoir Boleskine House, en Ecosse, sur les bords du Loch Ness, afin d’y obtenir la solitude nécessaire pour y pratiquer ses rites magiques (1898).

A cette époque, Aleister Crowley n’est pas considéré comme sataniste. C’est juste un mage qui pratique des rites qui vont s’avérer dangereux. En effet, Aleister Crowley prétendait obtenir  de son ange gardien, le pouvoir pour soumettre à sa puissance les quatre Archontes (nom grec signifiant chefs) des points cardinaux. Pour se faire, il devait s’astreindre à un rite bien défini, notamment « à une chasteté complète, à l'isolement et au silence durant quatre mois. Il devait réduire sa nourriture et sa boisson au strict minimum, consacrer aux rites et aux cérémonies prescrites par son instructeur le plus clair de son temps, se tenir en communication avec les influx astraux, et passer les deux derniers mois dans une extase ininterrompue, évitant tout contact avec les profanes. » (Aleister Crowley – « La Magie en théorie et en pratique » (source : lien ici).

Nul ne sait si Aleister Crowley réussit ce tour de force, mais cela paraît peu probable. Néanmoins, des phénomènes extraordinaires et inexplicables se produisirent au Manoir, ce qu’Aleister Crowley attribua à « une alliance entre les entités ». C’est à ce moment que l’ambiance se dégrada au sein de la Golden Dawn, et une scission se fit jour entre d’une part une tendance chrétienne et gaëlique, et d’autre part une tendance païenne et magico-sexuelle, nommée « Astrum Argentum » (ou Silver Star) dont Aleister Crowley fut l’Imperator.

En 1911, Crowley reçoit la visite de Théodore Reuss, grand maître de l’ordre ésotérique Allemand OTO (Ordre du Temple d’Orient). Durant cette rencontre, « Reuss autorisa Crowley à fonder une section britannique de l’OTO, après être allé à Berlin se faire initier. Crowley décida alors de prendre le nom ésotérique de « Baphomet », une idole démoniaque à laquelle les Templiers avaient été accusés de rendre un culte » (In Balducci, p 23).

En avril 1920, Crowley se rendit en Sicile, à Cefalù, pour y fonder la fameuse Abbaye de Thélème, un couvent sataniste ou  « il célébra avec ses disciples des orgies cultuelles dont la drogue et le sexe constituaient les éléments principaux » (In Balducci, p 23).

Puis il écrivit « Le Livre de la Loi », qui peut se résumer dans le principe Rabelaisien de l’abbaye de Thélème : « Fais ce que voudra », et qui est à la base de ce qu’on va appeler le thélèmisme.

Sa réputation de magicien noir n’est plus à faire. Adepte de drogue dure, il finira sa vie en état de dépendance totale à l’héroïne. Sa perversion sexuelle était telle qu’il alla jusqu’à écœurer ses juges et gagna le titre de « l’homme le plus pervers du monde ». Si l’on en croit Monseigneur Balducci, un de ses passes temps favoris était de « déféquer sur le tapis d’autrui » ou encore, de « sucer le sang du pouls d’une femme » (In Balducci, p 29). Dans son manoir « Boleskine House », il s’entrainait à parler à l’envers, et marcher à reculons. Il fut celui qui proposa d’utiliser en musique, la technique du message inversé.

Il est à l’origine du développement de certaines sectes occultes considérées comme sataniste comme « Thélem », O.T.O. (Order of Oriental Templar), et on prétend qu’il était lié avec Gerald Gardner le fondateur de WICCA, et même Hitler.

Il meurt à Hastings dans la banlieue de Londres le 1er décembre 1947.

B –Anton Szandor LaVey ou le Pape Noir

Anton Szandor LaVey, de son vrai nom Howard Stanton Levey est né à Chicago le 11 avril 1930. De son enfance, on retiendra qu’il apprit de sa grand-mère, originaire de l’Europe de l’Est, les superstitions habituelles de cette partie du monde. C’est ce qui aiguisa très tôt chez lui son goût pour l’étrange. Ses talents musicaux furent remarqués par ses parents qui lui offrirent la possibilité de s’essayer à divers instruments, et c’est vers les claviers, et plus particulièrement l’orgue que La Vey se dirigea.

Relativement dissipé, il abandonna le lycée « pour côtoyer des voyous et commença à travailler dans des cirques et des carnavals, d’abord en tant qu’homme à tout faire, puis garçon de camp, et enfin musicien » (P.H. Guilmore, Préface de la Bible Satanique, p. 15). Cette expérience du cirque lui donna à comprendre certains aspects de la magie blanche des cirques. C’est à ce moment qu’il prend le nom de Szandor, en choisissant comme nom de scène « The Great Szandor » pour jouer de l’orgue lors des soirées des samedi soirs.

Lorsque la saison des carnavals était achevée, LaVey jouait dans les cabarets. C’est à cette période qu’il prétendit avoir rencontré Marylin Monroe et avoir eu une relation avec elle, alors qu’elle était inconnue du public. Dans le même temps, il étudie les écrits d’Aleister Crowley, et décida de rencontrer les Thélémites de Berkeley (1951), qui, selon P.H. Guilmore ne lui firent pas grande impression.

En 1956, il acquiert une maison victorienne sur California Street, à San Francisco, et qui devint par la suite tout naturellement le siège de la  future Church Of Satan.

Par ailleurs, et en dehors de ses activités d’intermittent du spectacle, il côtoie les services de police en qualité de photographe, et évite son enrôlement dans l’armée américaine (Guerre de Corée) en s’inscrivant au cours de criminologie au San Francisco City College.

Cet environnement lui fait côtoyer le show business, et LaVey devint une célébrité locale. P. H Guilmore explique que « les fêtes qu’il organisait attiraient de nombreux notables de San Francisco ». Parmi les gens qu’il fréquente, on retiendra par exemple le cinéaste Kenneth Anger, proche des Rolling Stones. Avec ses fréquentations, il développe un « Cercle Magique » d’initiés partageant son goût pour le bizarre. On lui suggéra alors qu’il avait les bases nécessaires pour fonder une nouvelle religion. Le 30 avril 1966, il créait l’Eglise de Satan.

Notons que cette date n’est point un hasard, car elle est symbolique. D’une part, l’année 1966 est choisie à dessein, puisqu’elle correspond au chiffre 666, le chiffre de la bête de l’Apocalypse. En outre, le 30 avril est une date importante : elle correspond à la nuit de Walpurgis, qui est le plus important rassemblement des personnes s’adonnant à la sorcellerie.

C’est à ce moment que la presse s’intéresse à Anton LaVey et le surnomme le « Pape Noir ».

L’ouvrage de référence d’Anton Szandor LaVey est la Bible Satanique. Cet ouvrage est aujourd’hui, et malgré le schisme récent apparu au sein de l’Eglise de Satan (Le temple de Seth), la référence permettant de comprendre et d’expliquer le satanisme moderne.

II- Appréhension du satanisme moderne

Le satanisme moderne n’est pas à proprement parler une religion, mais une philosophie, bien que d’un certain point de vue, il ne soit pas contradictoire avec la religion, car en fait, tout dépend du degré d’initiation. En réalité, il y a autant de « satanistes » que de « satanismes », et pour un Anton Szandor LaVey, nous sommes tous des satanistes qui nous ignorons. Cette affirmation contient bien entendu une part de vérité, puisque Satan, à défaut d’être une entité spirituelle, est au moins un symbole, et ce symbole est l’adéquation de la volonté au « Non serviam » biblique. Quel enfant n’a jamais désobéi à ses parents ? Qui n’a pas enfreint le code de la route ? Bien sûr, ce « satanisme » qui nous habite tous n’est pas forcément conscient, parce que l’idée de désobéissance n’a pas forcément pour objet conscient de servir délibérément le démon… Mais ce peut être le cas, et c’est de toute manière au moins l’idée de se servir soi-même plutôt que de servir le bien commun. Je sais ainsi que si je prends le volant après m’être solidement imbibé d’alcool, mes facultés de réaction face aux obstacles se trouvant sur mon chemin seront altérées. Néanmoins, je préfère désobéir, parce que je préfère rentrer chez moi ou je retrouverai mon lit confortable, et prendre le risque de causer un accident. Je sers donc ici mon propre intérêt, en contravention avec l’intérêt commun qui veut que je choisisse plutôt de rester dormir inconfortablement quelque temps dans ma voiture plutôt que de dormir confortablement dans mon lit. Est-ce que cela fait de moi un « sataniste » ? Consciemment « non », mais inconsciemment « oui », parce que ce n’est pas dans l’idée de servir Satan que je désobéi, mais dans l’idée de me servir moi-même.

Toute la difficulté du satanisme moderne est donc d’appréhender le degré « d’initiation » du sujet à l’adéquation au message diabolique « Non serviam », voire au personnage « Satan ». Il faut croire que c’est la difficulté essentielle de discerner ce que Monsieur Olivier Bobineau appellent des « satanistes purs et durs », c'est-à-dire des personnes qui, en plus d’adopter inconsciemment cette philosophie de vie l’adoptent de façon consciente et la revendique et qui d’après son étude (« Le satanisme, quel danger pour la Société », chez Pygmalion) ne seraient qu’une centaine en France, de ceux qui ne le sont pas… Or, d’après le rapport de la Miviludes de 2008 (objet de la critique de Monsieur Bobineau), le satanisme regrouperait quelques 25.000 personnes. Quelles sont-elles : les adorateurs de Satan, membres d'une "église", ceux qui participent à des rites, ceux qui sont séduits par "l'imaginaire satanique", portent des pendentifs 666 (le chiffre du diable), des croix à l'envers et écoutent du heavy metal. (source : lien ici). Qui croire de la Miviludes ou de Monsieur Bobineau ? Réponse : les deux, mon général !!! Simplement : Monsieur Bobineau établit un portrait type du sataniste qui ne correspond pas à grand monde tandis que la Miviludes se réfère à une conception du satanisme beaucoup plus large : celle-là même d’Anton Szandor LaVey. En bref : Monsieur Bobineau parle des « hauts initiés » au satanisme, tandis que la Miviludes parle non seulement de ces « hauts initiés », mais de ceux qui le sont moins (les « satanistes de salon »). En fait, si on devait poursuivre le raisonnement Laveyen un peu plus loin, on devrait pouvoir rentrer dans le rapport de la Miviludes, tout ceux qui enfreignent consciemment ou pas les règles sociales. On n’est donc pas cent satanistes, comme le prétend Monsieur Bobineau, ni 25.000 comme le prétend la Miviludes, mais 60.000.000 (à quelques millions près !, et j’en suis, tout comme le CPHCS).

Aussi, plutôt que de s’en référer à quelques chiffres hasardeux, et qui le seront quoiqu’on fasse, compte tenu de nos propres conceptions du satanisme, il nous paraît important de cerner quelque peu la philosophie de ces deux figures du satanisme moderne que nous avons évoquées précédemment et qui, s’ils étaient vivant et français rentreraient indubitablement dans les cent satanistes recensés par Monsieur Bobineau.

Il faut bien comprendre que ces deux grandes figures du satanisme n’ont pas pour objectif de nous imposer la croyance en une entité spirituelle transcendante et personnelle (que les chrétiens et les trois monothéismes nomment « Dieu »). Il s’agit en réalité d’une philosophie d’adéquation à une nouvelle religion (ce qu’on appelle le « New Age »), et qui n’est pas autre chose que ce que le Père Joseph Marie Verlinde appelle une « religion ésotérique » (J.M Verlinde, p 15). Trois grands axes peuvent permettre d’appréhender sommairement cette nouvelle religion ésotérique dont le satanisme moderne est une application. Elle s’inscrit tout d’abord dans « un processus de renouveau contemporain du gnosticisme » (J.M. Verlinde p 17), basé sur des conceptions du divin radicalement opposées aux conceptions chrétiennes, et un certain renouveau du paganisme.

A) Le satanisme moderne : une religion ésotérique et gnostique.

Le concept de « gnose »

Laissons le Père Verlinde expliquer : « D’une façon générale, la gnose se définit elle-même comme la connaissance absolue, la « science » parfaite, suprême, capable de sauver celui qui l’acquiert et la possède. Saint Irénée précise que pour les gnostiques, « la rédemption » parfaite, c’est la connaissance de la Grandeur Inexprimable : puisque c’est de l’ignorance que sont sorties la déchéance et la passion, c’est par la gnose que sera aboli tout l’état de choses issu de l’ignorance. C’est donc bien la gnose qui est la rédemption de l’homme intérieur (…) (Saint Irenée, Traité contre les Hérésies).

Cette gnose se présente comme un enseignement réservé à une élite et transmis de maître à disciple au cours d’un rituel initiatique. Comme elle est atteinte au terme d’une quête qui peut s’avérer longue, la « gnose » est assimilée à une « voie » à la fois théorique et pratique. Au cours de ce cheminement, l’adepte est introduit progressivement dans la doctrine naturaliste, qui constitue l’horizon conceptuel de la gnose. Il est initié au secret de son origine divine, - c'est-à-dire de son identité avec le Soi divin – et du mystère de sa chute en ce monde des apparences.

Si on devait appliquer ce cheminement initiatique à notre satanisme moderne, il n’y a pas de difficulté. La « Magia Sexualis » pratiquée par Aleister Crowley en est une illustration. Sa vie même. Il passera sa vie à être disciple, puis maître dans les plus hauts rites d’initiation ésotérique.

Pour le satanisme LaVeyen, cela semble poser plus de difficulté. Il n’y a pas à proprement parler d’initiation de Maître à Disciple. Chacun est à la fois son propre Maître et son propre Disciple. C’est du moins ce que l’on peut être amené à penser à la lecture de la Bible Satanique, puisque les rituels sataniques peuvent s’accomplir seuls ou en groupe. Néanmoins, le résultat revient au même que celui de la Gnose, et voici par exemple ce qu’en écrit Anton LaVey à propos de sa nouvelle religion : « Le besoin d’une NOUVELLE religion s’impose, basée sur les instincts naturels de l’homme. Ils lui on donné un nom. Il s’agit du satanisme. »  Bible Satanique, p 64). Cette référence au naturalisme est une constante de la gnose, et compte tenu de la symbolique utilisée par Anton LaVey (tirée de la Kabbale gnostique), il ne nous apparaît pas possible de concevoir son satanisme sans rituels initiatiques.

B) des conceptions du divin radicalement opposées aux conceptions abrahamiques

Nous venions de préciser que le « satanisme moderne » devait s’appréhender principalement comme philosophie de vie, or nous l’avons qualifié de « religion ésotérique et gnostique ». En fait, il faut s’entendre sur le mot « religion ».

Loin de moi l’idée de me lancer dans une définition de la religion, mais disons cependant que pour un juif, un chrétien et un musulman, elle relève de la foi en un ou plusieurs êtres personnels, transcendants, et créateur.

Prenons par exemple le Credo du Symbole du Nicée chez les chrétiens : « Je crois un Seul Dieu, le Père tout puissant, Créateur du ciel et de la Terre de l'univers visible et invisible, Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles :Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu
Engendré non pas créé, de même nature que le Père ; et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel; Par
l'
Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s'est fait homme (…) »

A retenir de ce Credo, un chrétien croit en un Dieu Unique en Trois Personnes : le Père, le Fils et le Saint Esprit. Le Chrétien croît donc en un Dieu personnel. Il en va de même chez les juifs. Pour les musulmans, c’est un peu différent. S’il n’y a qu’un seul Dieu, il n’y a qu’une personne, et on parle souvent de Dieu l’Unique, un musulman ne conciliant pas l’unicité de Dieu et sa tripersonnalité.

Or, dans la nouvelle religion gnostique, dont est issue le satanisme moderne, il ne s’agit aucunement de croyance en un dieu personnel, transcendant et créateur. Dieu n’est pas quelqu’un, mais quelque chose. Selon le Père Joseph Marie Verlinde, il s’agit en réalité d’un monisme énergétique, qui n’est autre qu’un naturalisme déifié. « Pour le Nouvel Age, le divin consiste en une énergie impersonnelle qui se diffuse en un spectre de fréquences, allant de la pure lumière jusqu’à la matière, ultime condensation du rayonnement divin.

Alice Bailey précise : « Ce que le savant appelle énergie, l’homme religieux l’appelle Dieu, et cependant, les deux ne font qu’un, n’étant que le dessein du manifesté, dans la matière physique, d’une grande Identité extra-systémique. La nature est l’apparence du corps physique du Logos et les lois de la nature sont les lois gouvernant les processus naturels de ce corps. La Vie de Dieu, son énergie, sa vitalité se trouvant dans chaque atome manifesté ; son essence habite toute les formes. (Alice A Bailey, Réfléchissez-y, Lucis, Genève, 1990, p 160).

Evidemment, c’est bien cette conception du divin qui est reprise par le satanisme moderne. Plus particulièrement chez Aleister Crowley, il s’agit de l’exploitation de l’énergie sexuelle, par la pratique de la « Magia Sexualis », et dont voici une illustration assez ragoutante : « Afin de soutenir la concentration et d'augmenter la provision d'Energie, il est de coutume chez les Magiciens d'employer des assistants ou des collègues. Il est douteux que les avantages évidents de cette pratique rachètent les difficultés à trouver des personnes compétentes ainsi que le risque d'un conflit de volontés ou d'un malentendu dans le cercle lui-même. Une fois, FRATER PERDURABO fut désobéi par un assistant ; et ce n'aurait été Sa promptitude à user de la contrainte physique de l'épée, il est probable que le cercle eût été rompu. L'affaire ne se conclut heureusement par rien de plus grave que la destruction du fautif. Il est toutefois hors de doute qu'un tel rassemblement de personnes réellement en harmonie puisse produire bien plus d'effets qu'un seul magicien œuvrant par lui-même. La psychologie des "réunions pour le renouveau de la foi" sera familière à presque tous, et bien que de telles réunions soient les plus répugnants et les plus dégradés des rituels de magie noire, les lois de la Magick n'y sont pas suspendues pour autant. LES LOIS DE LA MAGICK SONT LES LOIS DE LA NATURE. »

J’espère que vous m’aurez compris !!!

Chez Anton Szandor Lavey, c’est la même chose. C’est le mage Peter H. Gilmore, l’actuel gourou de l’Eglise de Satan qui le précise lui-même, à propos de la « Bible Satanique » : « Je n’avais rien contre les livres promouvant telle ou telle foi, et je fus agréablement surpris par le fait que celui-ci n’était pas assené par une personne proclamant être en contact direct avec Satan. Au lieu de cela, j’ai découvert un esprit rationnel, une philosophie concrète, ainsi que la théâtralité des techniques rituelles décrivant le psychodrame de la transformation de soi. (…)

Contrairement aux autres fondateurs de religions qui revendiquent une « inspirations exaltée par une quelconque entité surnaturelle, LaVey admet qu’il ne s’est servi que de ses seuls talents pour synthétiser le Satanisme. Il s’est basé à la fois sur sa compréhension de l’animal humain, tiré de sa propre expérience de la vie, et sur la sagesse acquise auprès d’autres défenseurs du matérialisme, du pragmatisme et de l’individualisme. Le nom blasphématoire « Eglise de Satan » fut sciemment choisi pour se situer à l’encontre des systèmes de croyances « spirituelles » existants ».

Clairement, Madame Alice Bailey n’aurait pas trouvé ici meilleure application de son système philosophique, basé sur le non être (spirituel) et les énergies cosmiques. Bien que philosophiquement pauvre et bourrée de contradictions, la Bible Satanique a connu un succès populaire ahurissant, mais il faut bien reconnaître que cet ouvrage n’a fait que servir la cause d’une nouvelle façon d’appréhender la religion ; ce qu’on appelle le New Age.

C) Le renouveau du paganisme

De même, ce nouveau paradigme religieux a permis l’émancipation de vieux systèmes de croyance païens, peut être en les détournant d’ailleurs, mais c’est une vieille ficèle gnostique que de s’approprier un certain nombre de croyances, certaines en les détournant de leur finalité originaire, et c’est au moins le cas des trois religions abrahamiques que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam : René Guénon s’en fera l’un des principaux penseurs.

Comme le souligne le Père Verlinde, on ne peut pas parler de la religiosité ésotérique contemporaine sans citer l’éminence grise du Nouvel Age, Hélena Petrovna Blavatsky (1831-1891 : « La religion-Sagesse est l’héritage de toutes les nations du monde ; le vrai philosophe, l’étudiant de la Sagesse ésotérique, perd entièrement de vue les personnalités, les croyances dogmatiques et les religions particulières. En outre, la philosophie ésotérique concile toutes les religions, dépouille chacune de ses vêtements extérieurs humains et montre qu’elle a la même racine que toutes les autres religions.(…) »  (Helena Petrovna Blavatsky, La Doctrine secrète, Adyar, Paris 1982, citée par J M Verlinde, p 24-25).

Ce mythe, selon lequel il existerait une Tradition primordiale immuable et éternelle, corpus de vérité sur toutes choses et accessibles aux initiés supérieurs, constitue l’un des points communs entre les différents courants du Nouvel Age et dont René Guénon se fera le héraut (Cf René Guénon, « Le symbolisme de la Croix », Véga, Paris 1984) (J M Verlinde, p 25).

Ceci explique que dans bon nombre de gnoses, qui, nous l’avons compris, ne sont pas vraiment des religions, l’attrait du paganisme trouve une place importante. Le satanisme moderne n’échappe pas à la règle.

Les initiations de Crowley en sont des exemples concrets, et peut être qu’également ici, il se fait l’écho de Madame Blavatsky : «  La Magick prend toutes les pensées et tous les actes comme parties intégrantes de son dispositif ; elle a l'Univers pour Bibliothèque et Laboratoire ; la Nature toute entière est son Objet ; et son Jeu, affranchi des mortes saisons et des restrictions protectrices, foisonne dans une infinie diversité, étant tout ce qui existe »  (Aleister Crowley, « La Magie en Théorie et en Pratique », traduction de Philippe Pissier)

Chez Anton LaVey, ceci est peut être encore plus flagrant. Le lien avec la connaissance gnostique dans la Bible Satanique est des plus délétères, mais on ne peut s’empêcher de s’interroger sur une personne qui pourrait dans une moindre mesure, professer sa foi en Satan, et de l’autre faire cette relation avec les invocations sataniques inclues dans son best seller, ou l’on y trouve pêlemêle : Amon Apollon, Baphomet, Behemoth, Dracula, Euronymous, Ishtar, Lilith, Marduk, Pluton, Sammael, Set, Shiva, Yen-lo-Wang, etc (liste non exhaustive, il y a à boire et à manger – Bible Satanique, p 77-79). C’est donc que Anton LaVey fait de ses invocations (dans le langage ésotérique, on parle plus de « conjurations »), des références à tout type de religion et semble bien les inclure toutes, à la manière de Madame Blavatsky. C’est encore plus flagrant lorsqu’on lit Peter H Guilmore, puisqu’il commence son introduction par un titre évocateur pour un occultiste : « En ouvrant les portes Adamantines ».

« Adamantines » : c’est une pure référence à l’Homme Primordial, Adam Kadmon, que l’on rencontre dans nombre de traditions gnostiques, et notamment la Kabbale.

III Qu’en penser ?

Que penser de tout cela, et quelles sont les applications à notre propos sur le Hellfest ?

Tout d’abord, il n’est pas certain que tous les groupes de metal présent au HellFest, même ceux se revendiquant satanistes, aient cette culture gnostique. Tout le moins, elle peut être inconsciente. C’est un peu ce qui ressort du reportage passé sur Arte, le 5 août 2012. Pour ceux qui s’en souviennent, ce reportage était clairement orienté par leurs auteurs vers une conception gnostique de la société, ou le festivalier se trouvait quelque part nourri par l’énergie cosmique de la musique, et se retrouvait divinisé par sa communion avec les artistes présents sur scène. C’est assez l’effet que ça m’a procuré en regardant ce reportage.

Ensuite, si l’occultisme, l’ésotérisme et le satanisme sont présents chez certains groupes de metal, il faut bien comprendre qu’en réalité, il ne s’agit pas clairement d’une « religion » (au sens chrétien du terme), mais bien d’une philosophie de vie. Aussi, certains qui partagent cette philosophie gnostique ne se revendiquent pas pour autant satanistes, et on pourra parfois chercher longtemps une quelconque déclaration de tel ou tel artiste allant dans le sens d’un satanisme ouvertement affiché. Parfois même, ils se refuseront à l’admettre, tout en utilisant une symbolique clairement ésotérique, symbolique dont il est probable qu’ils n’en perçoivent même pas le sens.

En bref : cerner le satanisme, au sens moderne du terme, ça n’est pas évident. Compter des satanismes et des satanistes, comme le fait la Miviludes ou Olivier Bobineau n’est pas ce qu’il y a de plus constructif, ni même instructif pour cerner le satanisme, et je pense même que c’est inutile. C’est pour cela que je me suis employé à essayer de décrypter ce fameux « satanisme » dont on parle. Une autre étude que j’ai lue récemment me paraît aller dans le même sens que je vous ai proposé : « L’occultisme et quelques subcultures « jeunes » » de Stéphane François, quoique l’approche en soit plus sociologique, au c@hier de psychologie politique. Certes, son approche se cantonne plus à l’occultisme pris dans un sens large, qu’au satanisme pris dans son sens strict. Il n’empêche que l’étude du satanisme moderne ne peut pas se concevoir sans avoir une approche globale de l’occultisme, et j’en arrive à peu près à la conclusion que les deux se rejoignent et ont une orientation commune en terme d’appréhension de la religion : la gnose ésotérique.

Enfin, je souhaiterais donner le mot de la fin à une grande figure du Concile Vatican II, le Cardinal Henri De Lubac, et le Cardinal Decourtray : « Il y a en l’homme un Elément éternel, un « germe d’éternité, qui, dès maintenant, respire au-dessus du temps, qui toujours, hic et nunc, échappe à la société temporelle. La vérité de son être déborde son être même. Car il est fait à l’image de Dieu, et dans le miroir de son âme, toujours la Trinité se mire… Mais ce n’est qu’un miroir, ce n’est qu’une image. Si l’homme, d’un geste sacrilège, inverse le rapport, s’il croit reprendre pour soi les attributs usurpés de la divinité en déclarant que c’est Dieu qu’il faut faire à sa propre image, c’en est fait de lui. La transcendance qu’il renie était le seul garant de sa propre immanence. C’est en s’avouant le reflet qu’il acquérait une plénitude, et dans le seul acte de l’adoration il s’assurait une inviolable profondeur. Le voilà donc aliéné désormais, dissous, dissocié d’avec lui-même. » (Henri de Lubac, « Catholicisme », cité par J M Verlinde p 339)

« Je suis persuadé qu’en luttant contre le gnosticisme, le deuxième évêque de Lyon (NDLA Saint Irénée) a combattu, il y a exactement dix huit siècles, la déviance la plus redoutable que rencontre aujourd’hui la foi chrétienne, du moins en Occident » (Albert Decourtray)

Post de fin

Je souhaitais également parler de quelques symboles… réflexion faite, je n’en parlerais que dans mes billets sur la musique.(Etienneweb)

Sources
« Adorateurs du diable et rock satanique » Mgr Corrado Balducci – Pierre Téqui – avril 1994
« Les impostures antichrétiennes – des apocryphes au Da Vinci Code » Père Joseph-Marie Verlinde, Presses de la Renaissance, Paris, 2006.
« La Bible Satanique », Anton Szandor LaVey, avec introduction de Peter H. Guilmore Camion Noir, 2006
Pour les autres sources : en lien ou en parenthèses dans le texte du billet

mercredi 15 mai 2013

A propos de l'argent public accordé au Hellest


A quelques semaines de la prochaine édition, il est "banal" d'écrire que la programmation confirme les dérapages extrèmistes des précédentes avec une vingtaine de groupes identifiés  promotionnant le satanisme, l’occultisme & l’anti christianisme sous des espaces aux noms évocateurs "The Valley", "The Altar" ( l'Autel) et "The Temple". 

Il nous parait opportun d'actualiser les subventions et aides accordées par les autorités publiques ( Mairie de Clisson, Coneil général 44, Conseil régional Pays de la Loire) toutes à majorité socialiste ( nous l'avons écrit à plusieurs reprises : elles ne seraient pas de cette couleur que nous informerions de la même manière ).

" Bien vivre ensemble "

Ainsi donc, ce n’est pas 1 million d’euros d’argent public ( subventions et aides directes ou indirectes) qui a été accordé au hellfest , comme nous l’avions écrit avant d’avoir tous les comptes de hellfest productions, mais

 1 600 000 €, soit 90 000 € par jour de "festival" !

Il nous est d’avis que ces sommes énormes seraient fort utiles pour les associations d’aide aux plus démunis ! Il nous apparaît aussi que face à ce gaspillage immoral d'argent public les contribuables-électeurs ne seront pas sans en tenir compte et ce d'autant que des travaux sont encore prévus face aux nuisances sonores, qui plus est illégales.

Dans une prochaine info, nous évoquerons le poste charges et en particulier celui des rémunérations. 

dimanche 12 mai 2013

"Subventions : recommandations pratiques"

Selon la loi N° 321 du 12 avril 2000 " le budget et les comptes de tout organisme de droit privé ayant reçu une subvention...doivent être communiqués à toute personne qui en fait la demande par l'autorité administrative ayant attribué la subvention dans les conditions prévues par la loi N° 78 753 du 17 juillet 1978 relative à la communication des documents administratifs." 


Ces documents deviennent donc des documents administratifs communicables. Il existe toutefois un cas particulier: celui des associations percevant des subventions supérieures à 153 000 €. En effet selon le code de commerce ces associations sont tenus d'assurer la publicité de leurs comptes annuels et le rapport du commissaire aux comptes.

 La réglementation indique que les associations concernées doivent transmettre par voie électronique à la Direction des Journaux Officiels dans les trois mois à compter de l'approbation ... leur bilan, compte de résultat et le rapport du commissaire aux comptes. C'est cette direction qui assure la centralisation et la mise à disposition du public.

En résumé les documents sont communicables, sauf le cas échéant pour les associations recevant plus de 153 000 € pour lesquelles la collectivité territoriale dispose de la faculté de renvoyer la demande sur le site des journaux Officiels. A ce jour, les comptes annuels ne sont pas publiés au JO.

Les citoyens soumis à l'impôt dans les départements de la région de la Loire peuvent demander que les comptes de "Hellfest Productions" leur soient adressés. 

Les coordonnées utiles :

Le président du "Conseil régional "Pays de la Loire" :
jacques.auxiette@paysdelaloire.fr

Le maire de Clisson
contact@mairie-clisson.fr

Le Président du "Conseil général "Loire-Atlantique"
philippe.grosvalet@loire-atlantique.fr

Toutes nos infos relatives aux comptes de "Hellfest productions" sont extraites de ces documents.

jeudi 9 mai 2013

A propos de la programmation Hellfest 2013 ( suite)

Un nouvel invité au Hellfest 2013.

Nornagest,  le principal compositeur et parolier du groupe Enthroned, pratique le satanisme, la démonologie et l'occultisme.

"Ma seule fonction supplémentaire est de garder l’esprit originel d’ENTHRONED: un groupe où le Satanisme dans son esprit le plus pur, la magie, et l’individualité sont en harmonie avec le style musical le plus approprié à ses membres et son message: le métal." 
Source

"Ténébreuse et laissant peu de place aux apitoiements, l’œuvre est avant tout dédiée à un antichristianisme primaire et à la corruption, concepts magnifiés à la fois par des chansons à la verve démoniaque et un artwork austère, la pochette grisâtre étant semblable à un double négatif d’une photographie illustrant l’innocente qui progressivement va être happée par la beauté de l’Adversaire. Quelque répit sera donné entre chaque déferlement de violence mais les transitions sont oppressantes, en particulier ces glauques sonorités souterraines qui suivent le lancinant “ The Spell of the Winter Forest ” (morceau où s’illustre la guitare sèche de Nigel) et précèdent l’impitoyable “ Aflame in the Halls of Blasphemy ” aux paroles autocensurées et à la fin en fade-out.

Une source dont on s'étonne que XGV ne la connaisse pas !


Addendum du 10 mai : aucun des commentateurs pro metal habituels de ce blog n'a exprimé la moindre réserve à quelque groupe que ce soit et pourtant ils en ont eu des occasions ! Par conséquent, nous ne voyons plus de raisons de persévérer dans notre tentative de dialogue. 

Lettre du maire de Clisson


Clisson, le 1 mai 2013.

Chers concitoyens,

Par la présente lettre, je tiens à vous faire savoir que je remercie chaleureusement « Val de Clisson Expo » pour son initiative « Paradise Fest » programmée le dimanche 5 mai prochain et à laquelle je vous invite à participer.

Je le sais, vous êtes comme moi attachés au respect, à la fraternité et au bien vivre ensemble.

En tant que maire et socialiste divers gauhe, je ne peux qu’être fier de cette initiative qui vient comme en écho au Hellfest dans une démarche constructive pour le bien commun et porteuse de valeurs positives fortes que sont le sarcasme, la moquerie et la raillerie, surtout quand elles visent la religion chrétienne !

Sachez le bien, chers Clissonnais, je suis heureux de ce  « Paradise Fest » au cours duquel le culte catholique et ses représentants feront l’objet de moqueries et de dérision. C’est ainsi en effet que je conçois le bien vivre ensemble et le respect.



Sachez le bien chers concitoyens,  c’est dans ce même esprit que je suis fier des subventions et aides accordées au Hellfest, aussi bien par notre ville que par le conseil général et le conseil régional, et qui programme chaque année depuis maintenant 6 ans des groupes faisant la promotion de l’anti christianisme, de l’occultisme et du satanisme, avec cette année le groupe « ghost » dont le leader se produit en habits sacerdotaux.


J’appelle les organisateurs aussi bien du Hellfest que du Pardise Fest  à poursuivre dans cette voie et à programmer au plus vite de nouvelles initiatives en prenant  cette fois pour cible et avec la même énergie salutaire les autres religions et leurs représentants.

Vous souhaitant bonne réception de ce courrier, je vous assure de ma plus haute considération au service de la paix, du bien commun et de la justice.

Jean-Pierre Coudrais
Mairie de Clisson
3 Grande rue de la Trinité BP 19117
44191 Clisson Cedex
Tél. 02 40 80 17 80 - Fax 02 40 80 17 66
Email : contact@mairie-clisson.fr

PS : nous ne doutons pas un seul instant que Monsieur le maire de Clisson appréciera comme il se doit "l'humour potache" de cette vraie fausse lettre !

Cette fausse lettre a été la première fois mise en ligne le 1er mai
Réactions : mise à jour le 3 mai

Le Collectif anti-hellfest a  l’humour potache.

Radio metal
Quelques commentaires issus de sites metal
 « Drôle ou pas, c'est juste une blague, c'est clairement dit à la fin que c'est une "vraie fausse lettre". Il n'y a pas d'intention de falsification, ce serait hypocrite de les attaquer sous ce prétexte. »
« c'est manifeste que c'est une blague ».
« Ils n'ont pas essayé de se faire passer pour le maire. C'était une satire »
« C'est quand même rempli de sarcasmes et d'ironie cette fausse lettre, on voit qu'il y a rien de serieux... C'est rassurant si ils ont un peu d'humour… »

Retour sur un poisson d'avril que nous avons mis en ligne en pleine connaissance

Addendum du 21 mai 21hOO

Nous avons reçu un courrier du Maire de Clisson en date du 17 mai nous demandant le retrait de ce billet ET la publication d'un droit de réponse. Nous lui avons adressé ce jour un message avec une demande de réponse sous huitaine. Dans l'attente de cette réponse, nous changeons bien volontiers le terme "socialiste" par "divers gauche".

vendredi 3 mai 2013

Abrutir

A propos de satanisme, nous vous invitons à lire ce billet dont la thème rejoint et renforce notre engagement.

A propos de la programmation du hellfest 2013 (suite)

Chers lecteurs,

Vous trouverez ci-dessous une liste de quelques groupes invités au hellfest 2013 et sur lesquels nous nous vous invitons à vous informer vous-mêmes ( c'est simple : il suffit de taper le nom sur le web en associant leur nom à anti christianisme ou occultisme ou satanisme ou d'aller voir des sites spécialisés ) ou à consulter nos billets consacrés au Hellfest 2013 , plus complets que cette liste djà longue.
Cette édition est aux autres pareilles, avec la manne financière des autorités publiques.

Dans l'espace "The Valley"
Bad religion, Ghost, Procession.

Dans l'espace "The Altar" ( L'Autel )
Candlemass, Hypocrysy, Morbid Angel, Ceremonial Oth, Moonspell, Dead Congregation, Asphyx.

Dans l'espace "The Temple"
Marduk, Dark Funeral, Inquisition, Cradle of Filth, Immortal, Belphegor, Rotting Christ, Aura Noir, Carpathian Forest, God Seed, Enthroned.

dimanche 21 avril 2013

A propos de black metal


Quand les organisateurs du Hellfest déclarent que "le black metal est par nature anti chrétien et sataniste" et " on ne déprogramma pas les groupes anti chrétiens", il convient nos seulement de prendre ces propos tels qu'ils sont mais aussi de voir pourquoi l'occultisme, le satanisme et l'anti christianisme pouvant déboucher sur la haine sont parties intégrantes du bm.

Le black metal, et ce ne sont pas les commentateurs habituels du blog qui vont nous dire le contraire tant cela nous a été dit, n'est pas une "musique" comme les autres. Le black métal n'est en effet pas une "musique" comme une autre parce qu'elle ne s'écoute pas mais se ressent (ce qui n'a bien sûr rien à voir avec la grandeur et la qualité). C'est pourquoi  le concept ( cette notion revient d'ailleurs très souvent dans la bouche des groupes bm) est à la base de la musique bm et que cette conceptualisation est rarement gratuite : visuels, paroles, voix, instrumentalisation, mise en scène lors es concerts... 

Fondamentalement ( par nature), le bm est identitariste et individualiste avec la sublimation du soi. Et partant :  l'attrait pour l'occultisme et l''initiation, le paganisme et le satanisme au sens laveyen ou moins souvent violent et bien sûr l'adhésion à l'idée selon laquelle le christianisme serait l'ennemi de l'individu, de sa liberté d'action morale et intellectuelle. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la philosophie de Nietzsche qui voit dans le christianisme la source du déclin de l'homme et de la société impacte tant le bm. La religion et tout particulièrement la religion révélée, serait un frein à la réalisation de l'individu comme sur-être et à son marquage identitaire. Le christianisme-poison, une thèse aussi  défendue par la nouvelle droite.

Les conceptions identitaristes du bm au nom de la sublimation du soi et de la toute puissance individuelle justifient toutes les dérives, y compris la violence et la haine sans parler de toutes les transgressions subversives, le tout au nom de la liberté d'expression qui n'est en fait que la liberté de SON expression élevée au rang de valeur fondement.

Cautionné en effet par le culte de l'individu qui tend à pousser vers le sur-moi et donc vers une forme d'égocentrisme exacerbé et de confiance absolue en sa supériorité naturelle sur autrui, le bm représente pour beaucoup d'adeptes un outil de subversion face à une société et une culture perçues comme aliénante  dans la quête du sur-homme,.

Ainsi, si le bm est à l'origine une "musique" basée sur les concepts des ténèbres et de l'occulte, de la noirceur de manière générale, par son essence naturellement subversive, il a de facto intégré également dans son panel conceptuel le satanisme, ses symboles et son leitmotiv " fais ce que tu veux, telle est la loi".

Profondément anti-social et subversif, le bm prône souvent le nihilisme et la destruction de l'humanité. C'est ainsi qu'il faut interpréter les thèmes tels que le suicide ou la violence faite à son propre corps comme la scarification, la transgression, la guerre et les références cataclysmiques très présentes parce qu'ils subliment voire idolâtrent l'action ultime de l'individu maître de LUI et le sentiment de PUISSANCE. On est loin du folklore et du théâtre

Dans le cas de la thématique du suicide par exemple, le bm trouve le moyen de mettre en scène un sentiment de puissance qui se décèle dans le courage nécessaire pour appliquer à soi-même un acte hautement destructif. Le suicide est également perçu à travers une forte émulation qui renforce encore ce sentiment de puissance et de maîtrise : la propagande. On encourage ainsi les autres à se suicider (cf. le nom du groupe danois MAKE A CHANGE...KILL YOURSELF).

On retrouve la même mise en scène dans la thématique de la profanation de son propre corps, comme la scarification promotionnée par Marilyn Manson.

Le concept de puissance nietzschéenne précédemment évoqué nourrit de fait la révolte face à la "culture jugée aliénante",surtout la culture chrétienne, en valorisant, en opposition, les cultures du passé et païennes. Et c'est ici que viennent précisément se positionner le paganisme comme référent culturel idéalisé, la nouvelle religiosité au sens laveyen c'est à dire le satanisme et l'anti christianisme, l'occultisme.

Prétendre que le bm n'est pas un art qui transforme potentiellement une personne s'y adonnant avec assiduité, c'est se voiler la face ! L'individualisme, l'anti-religiosité, l'occultisme, le satanisme, le goût du sombre, l'épique et la puissance sous toutes ses formes, une certaine intolérance aussi sont autant de réalités véhiculées par le bm et qui ne sont pas développer un certain état d'esprit et ce d'autant qu'il est fondé sur le concept ( l'intellect) et le ressenti ( l'émotion). Le bm, de fait, entretient une course sans limite et sans autre but que la satisfaction du SOI et de la PUISSANCE. Une course qui peut entraîner  , en particulier chez les personnes en souffrance ou manipulables, des passages à des actes de la lus grande gravité ( profanation, suicide, meurtre) et/ou à être conquises par des idéologies nauséabondes : racisme et xénophobie mais aussi national socialisme, facisme, extrême gauche. 

"Sur ce point, il est indéniable que certains groupes de Black Métal appartiennent à la mouvance Néo nazie, notamment en Scandinavie. Dans le milieu Hardcore, l’éthique très stricte peu dériver rapidement vers le fascisme et c’est le cas de certains groupes qui glissent de l’extrême gauche vers l’extrême droite".

Ainsi, lorsque l'on se demande si le Black Metal est dangereux, c'est évident : le Black Metal, de par sa nature, est un vecteur de contre-valeurs sociétales et par conséquent condamnables d'un point de vue moral, surtout quand celles-ci sont en plus cautionnées et financées par les autorités publiques comme c'est le cas pour le hellfest.

Il convient aussi de dire que les metalleux, s'ils sont loin d'être en majorité des adeptes du satanisme, de l'anti christianisme et de l'occultisme ont quand même leur part de responsabilité dans leur soutien à ce festival : en effet, qui ne dit mot consent.

Addendum du 26 avril : metal et politique.

"Mobilisant des références qui évoquent implicitement et explicitement des extrémismes politiques, le fait social metal interpelle et retient l’attention de l’observateur. En l’occurrence, il s’avère qu’au-delà des idées reçues, les acteurs de ce fait social populaire, les métalleux, cultivent une esthétique du choc qui procède de la recherche de puissance et non de pouvoir. Les métalleux et l’esthétique qu’ils mobilisent, en « bricolant » avec des interdits sociétaux, et plus particulièrement en « bricolant » avec la symbolique et l’iconographie du régime nazi, s’érigent culturellement en marge de la société. Cette mise à l’écart est source de narcissisme chez les métalleux et est pourvoyeuse d’une pensée « élitiste ». In fine, l’instrumentalisation des extrémismes politiques par les métalleux procède majoritairement de la logique de subversion jusqu’au-boutiste consubstantielle à la musique metal."